Maisons d'hôtes

Ty Glaz Ar Feunteun chambre d’hôtes, visites à accompagnées et expériences locales pour les hôtes. Création de voyages sur mesure pour toutes et tous

Nicole, vous êtes à la fois écrivaine, reporter photographe, guide accompagnatrice et hôtesse à Ty Glaz ar Feunteun : comment ces différentes casquettes se rencontrent-elles concrètement dans votre façon de créer des voyages sur mesure et d’accueillir vos invités en...

24 juillet 2026 10 min de lecture
Ty Glaz Ar Feunteun chambre d’hôtes, visites à accompagnées et expériences locales pour les hôtes. Création de voyages sur mesure pour toutes et tous

Nicole, vous êtes à la fois écrivaine, reporter photographe, guide accompagnatrice et hôtesse à Ty Glaz ar Feunteun : comment ces différentes casquettes se rencontrent-elles concrètement dans votre façon de créer des voyages sur mesure et d’accueillir vos invités en Bretagne, et plus particulièrement à Trégastel ?

« Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel » comme il est écrit dans Ecclésiaste. Pour écrire, j’ai besoin de silence et d’un certain recueillement. Je suis partie en 2017, pour le centenaire de l’aéropostale sur les traces d’Antoine de Saint Exupéry avec 35 équipages pour un engagement solidaire et un photo reportage, une aventure humaine dont je témoigne dans mon livre : l’Aéropostale, lettres à mon fils qui a été postfacé par François d’Agay, neveu et filleul de l’écrivain aviateur et auteur du Petit Prince. La Bretagne pour moi me renvoie à mes vacances à Concarneau et des moments heureux partagés en famille. J’ai toujours rêvé d’y habiter et de retrouver des sensations inscrites profondément dans ma mémoire. Je me désespère parfois, je ne me décourage jamais et en 2021, j’ai réalisé ce rêve, puis en 2023 j’ai commencé à accueillir des hôtes. J’ai dans le cadre d’une reconversion tardive effectuée une formation d’accompagnatrice de tourisme et en 2022 et je suis partie étudier l’histoire de l’art à Rome avec un guide conférencier et écrivain et faire des recherches à la bibliothèque de l’école Française de Rome au sein du Palais Farnèse. Une belle expérience dans la ville éternelle…J’ai à cœur de faire découvrir la côte de Granit Rose et plus particulièrement le bourg de Trégastel avec son patrimoine exceptionnel mais aussi la vallée des Traouïero aux hôtes que j’accueille à Ty Glaz Ar Feunteun et j’ai décidé de m’appuyer sur mes compétences pour proposer des visites accompagnées et expériences locales depuis l’année dernière. Vous comprendrez que mon vécu irrigue l’ensemble de mes activités.

Quand vous concevez un séjour personnalisé pour un voyageur ou un couple, par où commencez-vous : par l’histoire des lieux, par la personne en face de vous, par la lumière pour la photo… ? Pouvez-vous nous décrire, étape par étape, la façon dont vous bâtissez un itinéraire qui ne pourrait exister que pour ce ou ces voyageurs-là ?

Mes amis me disent que j’ai de la chance que je voyage beaucoup…Je voyage surtout à moindre coût car j’aime la simplicité et je n’ai pas de gros revenus. Je sais concevoir des séjours comme accompagnatrice ds tourisme et je donne toujours pour priorité la rencontre avec les habitants et la culture lors de mes périples. Je suis allée en Polynésie, comme un pèlerinage, c’était important de découvrir ses îles et ses atolls, ça faisait sens dans mon mon existence en lien avec une épreuve et en écho avec l’œuvre d’Henri Matisse qui a été très inspiré par ce voyage au bout du monde pour notamment concevoir sa chapelle de Vence où j’ai organisé les Rencontres avec Un Lieu Un Auteur. Matisse est le peintre de la Joie et je témoigne dans mon livre Devenir Vivante d’un parcours de résilience après le décès de mon fils, en lien avec cette œuvre de lumière qu’est la Chapelle du Rosaire où j’ai été guide. La Polynésie est une destination réputée pour être chère, si vous acceptez un peu d’inconfort, vous pouvez voyager mais ça demande du temps pour concevoir des séjours à moindre coût d’où l’idée récente de proposer de concevoir des voyages sur mesure pour toutes et tous à des personnes disposant de peu de temps pour effectuer des recherches et qui ont un budget limité. Dans le cadre ce cette nouvelle activité je serai attentive aux attentes des personnes qui me solliciteront et je m’appuierai sur mes voyages et certaines destinations que je connais pour ne pas m’égarer, mon expérience pour le guide du Petit Futé et mes compétences comme accompagnatrice de tourisme et les attentes des voyageurs.

Ty Glaz ar Feunteun est une ancienne maison de pêcheur inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel breton. En quoi cette dimension patrimoniale et l’ancrage dans le vieux bourg de Trégastel influencent-ils votre manière d’accueillir et la façon dont vous faites découvrir la Côte de Granit Rose à vos hôtes ?

J’ai été touchée d’apprendre que ma maison racontait une histoire et était inscrite à l’inventaire du patrimoine historique breton. Je suis très sensible au respect du patrimoine. Je suis surprise de voir des maisons à l’abandon et qui ne sont pas entretenues et se détériorent inexorablement. J’aime les vieilles pierres ! Dans le bourg de Trégastel le patrimoine et notamment le patrimoine religieux est foisonnant, il y a des petites pépites ! Le bourg est sur les hauteurs et moins visité que Trégastel Sainte Anne à proximité de la mer. Quelle arrachement de découvrir que la chapelle Sainte Anne de Trégastel a été victime d’un incendie récemment. J’aime les églises, les chapelles, les calvaires et les chemins de traverse parsemés de croix. Je suis certaine que nous retrouverons notre chapelle Sainte Anne dans toute sa splendeur prochainement et que des initiatives seront soutenues pour la reconstruire. En Bretagne, le patrimoine maritime est important. Je suis engagée avec l’association Ar Jentilez ce vieux gréement, un flambart que l’on peut découvrir dans le port de Ploumanach. Il sera présent aux 40 ans des fêtes maritimes à Douarnenez. Je dois convoyer, au retour, le bateau de Douarnenez à Ploumanach ça sera rude car nous dormirons sur le pont du bateau, une nouvelle aventure à vivre. Paul chef de bord sur Ar Jentilez propose des visites pour découvrir la côte de Granit Rose aux vacanciers et habitants des côtes d’Armor et d’ailleurs. Les parents, grands parents et les enfants sont les bienvenus . Une expérience inoubliable ! L’entretien du bateau a un coût et ces sorties et participation à des événements permettent de maintenir à flot le bateau.

Votre écriture – de « Devenir Vivante » à la collection « Élan de vie » ou aux témoignages de « Confidences de femmes – Mots d’hommes » – repose beaucoup sur l’écoute et l’intime. Comment cette sensibilité littéraire et humaine se traduit-elle dans votre pratique de guide et dans la création d’expériences immersives pour vos visiteurs ?

Oui oui mes livres sont le reflet de mon parcours de femme et effectivement touche à l’intime à la profondeur. Je n’ai pas écrit pour devenir écrivain…J’ai écrit pour apporter de l’espoir aux parents qui on vécu l’épreuve de la perte d’un enfant en témoignant que nous pouvons avancer dans le désespoir et se relever. J’ai été à l’initiative de la création de la collection Élan de vie après avoir récupéré mes droits sur mes livres car malheureusement parfois certaines maisons d’édition ne sont pas très sérieuse et je suis en quête d’un maison d’édition sérieuse… pourquoi pas en Bretagne où il y a beaucoup d’éditeurs. J’ai reçu de beaux retours de mes lecteurs pour mon premier livre et des retours dont je suis très fière notamment de l’écrivain Christian Bobin dont l’écriture me transperce, une écriture ciselée, des fragments explosifs... Je suis très fière également d’avoir été encouragée par le Pape François à l’époque pour mon livre Devenir Vivante et pour mes engagements associatifs auprès des parents en deuil mais aussi des enfants maltraités des rues au Sénégal, les petits Talibés. Je suis particulièrement touché de l’évolution actuelle de ce pays qui fait une chasse aux homosexuels. La tolérance et l’ouverture d’esprit sont des valeurs importantes selon moi et le respect de toutes et tous. Je témoigne de ces valeurs dans l’accueil de mes hôtes et dans toutes mes initiatives tout en me respectant.

On parle beaucoup de « tourisme expérientiel » et de « slow tourisme ». Sur le terrain, dans votre maison d’hôtes et vos accompagnements, qu’est-ce que cela change concrètement dans la relation au voyageur, dans le choix des parcours, des rencontres, des rythmes de visite, et quels sont les défis très pratiques que cela vous pose au quotidien ?

Il me semble que l’essentiel c’est d’être à l’écoute des personnes que j’accueille, de prendre le temps. Je me sens bretonne de cœur ! J’aime la Bretagne : ses traditions, ses pardon, sa musique, ses Fest Noz, sa gastronomie et toutes les merveilles de cette côte de Granit Rose tellement unique en Bretagne. En ce qui me concerne je n’ai qu’une chambre d’hôtes c’est un accueil VIP (humour) et depuis cette année Ty Glaz Ar Fuenteun est loué en gîte. Ou que je sois sur cette terre j’accompagne les personnes qui séjournent chez moi. Les défis sont devant moi puisque les visites accompagnées et expériences locales pour mes hôtes et les voyages sur mesure sont de nouvelles propositions.

Vous observez depuis Trégastel l’évolution du tourisme sur la Côte de Granit Rose : comment imaginez-vous l’avenir des chambres d’hôtes de caractère et des voyages sur mesure en Bretagne dans les dix prochaines années, entre pression touristique, attentes d’authenticité, enjeux environnementaux et numérisation croissante de l’offre ?

Je suis très en inquiétude vis à vis des plateformes de réservations qui demandent des coûts importants et qui pourraient mettre en péril mes activités. Je crois aux relations personnalisées et authentiques. La Bretagne compte tenu des enjeux climatiques va se développer, de nombreux touristes viendront en Bretagne et de plus en plus. Je partage mon temps pour l’instant entre la Provence et la Bretagne et je supporte de moins en moins la chaleur accablante du Sud. J’habite Aix-en-Provence, c’est une ville magnifique tant au niveau du patrimoine que de la culture. Oui c’est complexe de faire cohabiter pression touristique et authenticité. Etant sensible à la culture, il serait possible de mettre l’accent sur des événements culturels à destination des habitants mais aussi des vacanciers tout au long de l’année et de faire vivre la Bretagne des tempêtes et de l’hiver. Les événements culturels se regroupant essentiellement en juillet et août…

Pour terminer, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui rêve soit d’ouvrir une maison d’hôtes en Bretagne, soit de découvrir la région autrement que par les circuits classiques : par où commencer, et quelle attitude adopter pour vraiment « devenir vivant » en voyage, pour reprendre le titre de votre premier livre ?

Je n’ai pas de conseils à donner seulement faire les choses avec passion et avec le cœur en sachant que c’est beaucoup de travail pour une rémunération qui n’est pas significative compte tenu des taxes de plus plus importante, des commissions des plateformes de réservations et de l’augmentation des prix des produits bio et/ou breton que je serre au petit déjeuner à mes hôtes. Pour conclure et répondre à votre question s’émerveiller permet de rester Vivante, Vivante en voyages ou dans notre quotidien. La France est magnifique ! La Bretagne est exceptionnelle et plus particulièrement la côte de Granit Rose, je suis chauvine…Je dis toujours que mon fils Théo est le plus beau, toutes les mères disent que leurs enfants sont les plus beaux, mais, moi c’est vrai ! (humour) C’est comme la côte de Granit Rose elle est BELLE est c’est vrai !!!

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